En 1981, James Cameron s’occupe des décors d’une resucée sans le sou du Alien de Ridley Scott, l’inénarrable Galaxie de la Terreur produit par le filou Roger Corman. Cinq ans plus tard, James Cameron sera à la tête du plus gros budget de science-fiction de l’époque, pour les besoins de la suite du même Alien, qu’il singeait quelques années plus tôt.

Que s’est-il passé pour que la carrière du jeune réalisateur explose à ce point ?
Un film.
Son nom ?
Terminator.

Cameron est un touche à tout, du matte painting — l’ancêtre du chromakey — à l’animatronique, en passant par la création de décors en dur, il navigue dans les compétences cinématographiques, comme d’autres dans les boutiques d’un centre commercial.
Cameron est un obsessionnel et à l’image d’un Kubrick, il souhaite tout comprendre et surtout tout maîtriser, il n’y a que le jeu d’acteur et la musique qu’il laisse aux autres. Mais arrondir les fins de mois en bouchant les trous des petites productions ne l’intéresse pas, il voit plus loin, il voit plus grand.
Il veut réaliser, écrire, tout créer.
Et à l’image de l’autre fou de boulot qu’est Sylvester Stallone, ce n’est pas un script qu’il écrit en s’enfermant dans son modeste appartement, mais bien trois. Deux commandes, deux suites en l’occurrence, et son projet personnel, un petit budget de SF, le fameux Terminator. Les deux autres, une suite au Rambo de Ted Kotcheff et une séquelle au Alien de Ridley Scott.
Trois bureaux sont installés dans l’appartement avec trois machines à écrire respectives, et Cameron de bouger d’un projet à un autre, sans oublier d’amener avec lui la fureur de la guerre, d’un script à l’autre.



L’histoire est devenue une légende, et la légende un mythe.
Terminator et son T800 écrasèrent toute concurrence au box-office, donnant le feu vert et les coudées franches à Cameron pour bâtir l’une des meilleures suites — la meilleure ? — jamais réalisées avec Aliens.

Les forces de Cameron sont aussi ses faiblesses. On ne peut la lui faire sur la technique, car il en sait sûrement autant si ce n’est plus que le spécialiste en question. Le revers de la médaille, c’est que ça en fait un réalisateur des plus exigeants — certainement le plus exigeant encore en activité — donc quelqu’un d’antipathique.
Visionnaire, il sait que la technique est aussi au service du récit et pas l’inverse, c’est pour cela qu’il mettra un point d’honneur, à faire évoluer les techniques de VFX et de prise de vues pour servir au mieux la folle ambition de ses visions.


Car la vision est au centre de tout.
Vision cauchemardesque d’un pied mécanique comme base de départ de Terminator, vision fantasmagorique issue de ses propres crayonnés — l’homme est doué, en témoigne la récente exposition parisienne — donnant le ton de ce qui deviendra l’univers mythologique de Pandora — Tolkien n’a qu’à bien se tenir — et vision libertaire et égalitaire en ce qui concerne ses personnages, toutes des femmes fortes depuis Aliens, sans que le marketing ou la société n’ait exigé quoi que ce soit.
On appelle cela le talent, ou le génie, voir les deux, mesdames et messieurs !



Qu’il prophétise l’annihilation de la race humaine par l’intelligence artificielle, un raz de marrée provoqué par des aliens, ou bien la chute d’une civilisation au travers d’un navire, joyau de technologie de son époque, sombrant par les fonds, après s’être littéralement coupé en deux, Cameron est créateur d’univers, mais aussi d’émotion avec un objectif simple, parler de notre chemin, notre destin et donc notre survie.
Qu’il explore Pandora, au travers de bientôt quatre films, grâce à une technologie qu’il a lui-même inventée, ou bien qu’il explore, au sens propre comme au figuré, les fonds marins, au travers d’engins sophistiqués qu’il invente lui-même, James Cameron est devenu en l’espace d’une cinquantaine d’années une sorte de Jules Verne cinématographique, à la différence près que lui, il va vraiment sur la lune !
Pas si mal pour un simple décorateur !


Et quand on pense qu’il est un consultant officiel pour la Nasa depuis des années, tout ceci ne peut que nous laisser songeurs.
Cameron, c’est la création à l’état pur et à l’état brut.
Un modèle pour les générations à venir.
Fin de transmission.
𝐄𝐝𝐝𝐲 𝐆𝐎𝐌𝐈𝐒
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𝗟’𝗮𝘂𝗱𝗶𝗼𝘃𝗶𝘀𝘂𝗲𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘀
Expert Postproduction I Podcaster I Écrivain
« 𝚃𝚘𝚞𝚝 𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚎𝚜𝚝 𝚍𝚒𝚝 𝚎𝚝 𝚗𝚘𝚗 𝚖𝚘𝚗𝚝𝚛𝚎́ 𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚎𝚛𝚍𝚞 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚕𝚎 𝚜𝚙𝚎𝚌𝚝𝚊𝚝𝚎𝚞𝚛 » – 𝙰𝚕𝚏𝚛𝚎𝚍 𝙷𝚒𝚝𝚌𝚑𝚌𝚘𝚌𝚔
